Juliette Benzoni 30.10.1920 - 7.2.2016


 

 

S O U V E N I E R S
L
ors de l'une de nos visites, Juliette tout sourire nous demanda si nous étions entrées dans son bureau? Nous avions répondu que non, nous ne nous serions pas permises d'entrer dans la pièce sans permission... Sa réponse? « Mais bien sûr que vous pouvez entrer et regarder là où je travaille ! » Aujourd'hui nous y entrons mais avec le cœur mélancolique... la machine à écrire est prête à être utilisée, le tiroir est ouvert, un carnet de note sur la table... un livre sur l'histoire de la duchesse de Berry... la pièce est si silencieuse... vraiment si la machine à écrire pouvait parler - nous quittons les lieux orphelins sur la pointe des pieds... Saint-Mandé 11. 2. 2016

 

Je suis au regret de vous annoncer que malheureusement notre très très chère Juliette, notre auteur tant aimée, nous a quitté le 7 février 2016 dans l'année de son 96 années. Elle s’est éteinte tout doucement dans son sommeil, sa fille Anne à ses côtés !

Depuis plus de 50 ans elle nous a tant appris de la grande histoire en nous divertissant avec ses magnifiques personnages auxquels nous nous sommes tant attachés ! Elle nous laisse 86 petits bijoux à lire et relire avec toujours autant de plaisir.
Pour plus de détails la page de Presse
ICI

Pour nous, elle était plus que notre auteur de prédilection, elle nous avait adoptées, nous étions ses « filles des grands chemins » et elle va tellement nous manquer. Toutes nos pensées vont à sa fille Anne.

J'aimerais vous montrer le magnifique message de Vincent Meylan, ami proche de Juliette, qu'il m'a écrit sur la page Facebook de Catherine, il suffit d'un amour.

Chère Linda,
Nous somme si nombreux ce soir à pleurer le départ de Juliette. Je sais que c'est très personnel de dire une telle chose mais cela pourrait vous aide un peu. J'ai décidé il y a un certain temps maintenant que je n'accepterai plus le décès de quelqu'un, je vivrais juste avec l'idée. Je ne crois pas de toute façon que les gens soient vraiment mort. Je garde auprès moi les personnes décédées que j'ai aimé, toujours… et dans le cas de Juliette, c'est assez facile à faire. Hier j'ai recommencé à lire Catherine et je l'adore trop. Je suis si reconnaissant à Juliette pour avoir écrit de si incroyable livres qui m'emmène dans des endroits que j'adore. Juliette n'est pas partie. Nous n'avons qu'à ouvrir l'un de ses livres pour être auprès d'elle. Essayer...

Je vous embrasse amicalement et n'oubliez pas de lire quelques pages d'un livre de Juliette ce soir.
Vincent
 

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Juliette Benzoni par Juliette Benzoni
Autobiographie

J’ai failli naître sous la Tour Eiffel, ma mère ayant tout juste eu le temps avant l’événement de quitter le Champ-de-Mars pour regagner l’avenue de la Bourdonnais où mes parents habitaient alors, mais c’est à St Germain des Prés que s’est passée toute mon enfance, dans la maison où vécurent Mérimée, Corot et Ampère, en face de celle où mourut Oscar Wilde. Le Fantôme de Canterville et la Vénus d’Ille sont pour moi des amis de jeunesse, mais j’ai toujours préféré les énormes chahuts des étudiants des Beaux-Arts qui envahissaient la rue en moyenne une fois par jour.

Nos voisins s’appelaient Dunoyer de Segonzac, Louis Jouvet, le maréchal Lyautey, la marquise de Lafayette et les Duncan, une étonnante tribu hippie avant la lettre qui adoptait les modes Peaux Rouges dans l’espoir de retrouver la pureté grecque.

Quant à ma famille, elle se composait normalement de mon père, un industriel, ma mère, bridgeuse acharnée, ma jeune sœur, sans qualification précise, et mon grand-père, redoutable septuagénaire à la moustache fleurant la pipe et le cognac. C’était un vieux mécréant nourri au lait de Jaurès et qui avait, dans ses jeunes années, humé avec délices la poudre des canons de la Commune.

A cause de cela, il était plutôt mal vu dans la famille, et, aussi, parce qu’il entretenait sournoisement une « créature ». Laquelle gourgandine avait d’ailleurs le mauvais goût de se prénommer « Juliette » ! Le souvenir que je garde de mon grand-père est un souvenir de chapeau melon. Il ne le quittait pratiquement jamais et je crois bien qu’on l’a enterré avec.

J’avais aussi une grand-mère maternelle, habituellement cantonnée à Reims, cité royale d’où elle sortait le moins possible. Elle n’en sortit même plus du tout et renonça finalement à toute visite dans la capitale car un matin de juin, se rendant à la messe de 6 heures à St Germain des Prés, elle rencontra, rue Bonaparte, un individu peint en vert, chaudement vêtu d’une timbale attachée à la taille par une ficelle et d’une paire de paillons à champagne en guise de pantoufles, rentrant tant bien que mal du bal des Quat-z ’Arts, point culminant des études aux Beaux Arts et grande soirée artistique, annuelle et très déshabillée, des futurs peintres, sculpteurs et architectes français. Ma grand-mère avait alors bouclé sa valise et disparu définitivement de l’horizon parisien.

Le choix de mes établissements, scolaires marqua, chez mes parents, une double et contradictoire tendance à un snobisme invétéré uni à une tentative de démocratie parfaitement hypocrite. On me mit d’abord au « cours » élégant des demoiselles Désir, institut des plus collet monté, malgré son patronyme surprenant, et fréquenté par les jeunes sœurs de la comtesse de Paris. Malheureusement, le cour nommé Désir ne me réussit pas. Habituée à dévorer tout ce qui me tombait sous la main dans la bibliothèque familiale, j’avais lu, à neuf ans, Notre-Dame de Paris, et m’en étais vantée en toute innocence. Fût-ce à cause des gambades d’Esméralda ou des machinations libidineuses de Claude Frollo, toujours est-il que l’événement causa un aussi gros scandale que si je m’étais déclarée abonnée à la Vie Parisienne. On me retira donc de cette institution pour m’introduire au lycée Fénelon dans des classes bondées comme le métro à six heures du soir (c’était le début de l’enseignement gratuit). J’y fis ce que je pus, c’est à dire pas grand-chose.

Fort heureusement , le retentissant procès en Cour d’Assise d’une ancienne élève du Lycée (l’affaire Violette Nozière) donna si fort à penser à ma famille qu’elle me parachuta toute affaire cessante dans une maison plus calme et tout de même mieux fréquentée, l’aristocratique collège d’Hulst, rue de Varennes, où je devais rester jusqu’à ce que baccalauréat s’en suive. J’y pris l’horreur des maths, la passion de l’Histoire et des Lettres, le goût de l’amitié et un léger penchant pour la politique grâce auquel, dans les années 1936-1937, je me retrouvais plusieurs fois au commissariat de police du quartier pour lacération d’affiches sur la voie publique.

De là, je passais à l’institut catholique où j’entamais nonchalamment une licence. La guerre vint mettre un terme à ma Dolce Vita personnelle. Mon père en mourut. Quant à moi, après un passage météorique comme auxiliaire à la Préfecture de la Seine où je fis connaissance de la magnifique bibliothèque cachée sous les toits de l’hôtel de ville, je me retrouvais mariée à un médecin de Dijon, le docteur Maurice Gallois, enfouie jusqu’au cou dans la bonne société bourguignonne et bientôt mère de deux enfants.

Tandis que mon époux partageait son temps entre ses malades et les différents maquis de la région pour effectuer des missions n’ayant avec la médecine que d’assez lointains rapports, je passais des heures dans les bibliothèques, étudiant l’histoire de la Bourgogne au Moyen-Âge. C’est au cours de ces études que je découvris la légende de l’Ordre de la Toison d’Or qui devait, plus tard, donner naissance à la série des Catherine

Quelques années après la libération, je perdis mon mari disparu en quelques minutes d’une crise d’angine de poitrine. J’avais trente ans et il me fallait envisager de travailler si je voulais pouvoir élever mes enfants comme je le souhaitais et conserver un certain niveau de vie. Mais dans une ville de province, passer du statut de femme dite « du monde » à celui de travailleur salarié est un exploit difficile et plutôt mal vu. Mon mari avait de la famille au Maroc. Je m’y rendis et entrais à la rédaction publicitaire d’un poste de radio : Radio-Internationale.

Ce n’est pas une situation extraordinaire. Le Maroc, d’ailleurs, vivait les derniers jours du protectorat et il était difficile de s’y créer une situation stable. Mais j’y fis la connaissance d’un officier, le Capitaine Benzoni, et l’épousais quelques semaines avant son départ pour l’Indochine où il devait rejoindre, à Hué, le 6ème Régiment de Spahis Marocains.

Mais, à cause de l’incertitude des lendemains marocains, mon mari souhaitait me voir demeurer à Paris, auprès de ma famille, tandis qu’il s’éloignerait. C’est alors que je me lançais dans le journalisme. Depuis toujours, j’avais été fascinée par ce métier, et, à quinze ans, j’avais émis le désir de m’y consacrer, mais mon père m’avait découragée alléguant une foule de prétextes mais évitant prudemment le seul réel : le journalisme était mal porté chez les jeunes filles, à une certaine époque et dans un certain milieu.

Je travaillais simultanément pour l‘Histoire nous tous, pour le Journal du Dimanche, qui était le septième jour de France Soir, et pour Confidences où j’écrivais de nombreux articles historiques (je les écris toujours d’ailleurs, ce sont d’ailleurs, les Confidences de l’Histoire) j’y ajoutais, par le suite, un Courrier de l’Histoire qui me valut de bons moments et d’autres moins bons. Qui dira jamais la grande détresse de l’historien aux prises avec une meute avide de connaître ses ancêtres. Mon courrier débordait, et déborde toujours, de lettres de ce type. 

 « Je m’appelle Bidule mais une vielle tante m’a dit que l’un de mes ancêtres qui était noble a supprimé (ou vendu, ou cédé ou bazardé n’importe comment…) la particule et le titre à la révolution. Pouvez-vous m’aider à les retrouver?… » 

Ah cette révolution, avec ses émigrés, ses cachettes, sa clandestinité ! Elle est le grand recours d’une foule de républicains bon teint auxquels elle permet de rêver qu’ils ont eu des ancêtres « nés » dans les talons rouges foulaient hardiment les parquets de Versailles. Quant à moi, je dois faire face quotidiennement à la foule assoiffée d’honneurs enfuis et de châteaux écroulés.

Pendant que je faisais mes premières armes dans le journalisme de salon (je fréquentais beaucoup d’artistes, les écrivains et les vedettes de cinéma) et dans la petite Histoire, celle de la France tournait mal en Extrême-Orient et l’Indochine me rendait mon mari en fort mauvais état mais ayant tout de même échappé de justesse au piège de Dieng-Bien-Phu. Il fallut un an pour lui rendre la santé, après quoi il put réintégrer le Ministère des Armées comme Ingénieur d’armement. En même temps, il se lançait dans la politique local au service du général de Gaulle. Ce n’était pas une nouveauté : depuis qu’il avait rejoint, à Londres, les F.F.L puis plus tard, au Tchad, la 2e D.B. il était un fidèle du Général. Président de nombreuses sociétés, il est actuellement maire adjoint de notre ville de Saint-Mandé.

Quant à moi, une grande émission télévisée me fit mieux connaitre et décida un éditeur, le mien, à me donner un roman historique. Ce fut : Il suffit d’un amour… le premier de la série Catherine. Depuis, je n’ai pas cessé d’en écrire et c’est je pense, une maladie qui ne me quittera pas de si tôt. 

Ce que j’appellerais « l’aventure Catherine » a commencé d’un drôle de façon. Je sortais tout juste des projecteurs de la Télévision Italienne et je commençais mes séries d’article historique, lorsque je fus convoquée, un beau matin, par le Secrétaire Général de l’Agence de presse OPERA MUNDI, Gérard Gauthier, au siège social de la dite agence.

Introduite dans l’immense salle de conférences qui avait été jadis la salle de bal d’un hôtel particulier ducal, j’ai été confrontée avec un monsieur jeune et dynamique qui après les compliments d’usage, m’a demandé si je n’aurais pas, dans un coin, une bonne idée de roman historique. Me souvenant de mes lectures bourguignonnes, j’ai dit qu’effectivement j’avais ça dans mes fonds de tiroir… et j’ai vu mon interlocuteur quitter alors son siège et disparaître en courant comme s’il était poursuivi.

Pensant que la séance était terminée, j’allais, un peu déçue, prendre le même chemin plus calmement quand je l’ai vu revenir, titubant sous le poids d’une demi-douzaine de gigantesques in-folio noirs. Derrière lui, une secrétaire essoufflée en véhiculait trois autres. Le tout a atterri tant bien que mal sur une grande table.

- Vous voyez ça? m’a dit Gérald Gauthier dans un grand geste dramatique, ce sont les « press-books » d’Angélique. Je vous en promets autant, même gloire et même succès. Et maintenant au travail !

En rentrant chez moi, je n’étais pas tellement convaincue. Je pensais que ce Gauthier-là avait dû voir le jour quelque part du côté de Marseille et que j’avais certainement bien moins de chances qu’il ne le prétendait d’atteindre à la gloire internationale. Néanmoins, comme j’avais envie d’écrire cette histoire, je visais la chose avec une attention féroce. Je devais lui soumettre ma « ponte » tous les deux jours et il ne laissait même pas passer une virgule mal placée.

J’en étais à peu près au tiers du roman et je rêvais d’un séjour au bagne pour me reposer quand le dit Gauthier me téléphona. Avec un admirable sang-froid, il m’annonça, comme si c’eût été la chose du monde la plus naturelle, que France Soir achetait ce roman encore embryonnaire… et que j’avais deux mois pour en arriver au mot « fin ». J’ai eu quelque peine à réaliser… mais c’est alors seulement que j’ai compris ce que signifiait, pour Gérald Gauthier, le mot « travailler ». Je suis sortie de l’épreuve exténuée, vidée, lessivée, imbibée de café jusqu’à la moelle et fumée comme un jambon de Bayonne à force de cigarettes. Mais le roman était fini (les deux premiers tomes tout au moins), France Soir le lançait et dix éditeurs étrangers l’avaient déjà acheté. Nous avions gagné la partie.

Depuis, le succès a été grandissant. Catherine compte 5 tomes (et à la demande générale des éditeurs, j’en entame le sixième). Marianne en compte trois et le quatrième est en route, les éditeurs se montent presque aux deux douzaines et les lecteurs se comptent par millions. Personnellement, je n’arrive pas à comprendre comment la vie d’une bourgeoise de Paris du XVème siècle peut passionner au même degré qu’une fermière du Wyoming, un Turc de Cappadoce, un pêcheur islandais, des foules moldo-valaques, serbo-croates, slovènes ou israéliennes au même titre que plusieurs millions de français, mais le fait est qu’elle les passionne et qu’ils en redemandent. Quant à moi, je commence seulement à comprendre que j’ai atteint le succès et que les prédictions farfelues de l’homme aux in-folio noirs n’étaient pas des galéjades.

Ma vie présente n’a rien de tumultueux, je suis une femme paisible, mais je cultive toujours la double passion du passé et des voyages qui, l’un poussant l’autre, me font faire des centaines et même des milliers de kilomètres, afin de visiter les ruines d’un château ou de fouiller les archives d’une préfecture. Je crois aux fantômes et je crois aussi que les vieilles pierres conservent quelques émanations des âmes qui les ont habitées. Ainsi, il ne m’est pas possible de construire un livre, ni d’en rendre l’atmosphère si je n’ai respiré l’air des différents sites de l’action, observé le paysage, le visage des habitants et les couleurs du ciel.

Je voyage donc beaucoup, mais, le reste du temps, je vis dans une charmante vieille maison Napoléon III, l’un des derniers petits hôtels particuliers de cette époque s’élevant encore dans la périphérie immédiate de Paris. J’y cultive des roses et j’y vis tranquillement au milieu de livres innombrables et d’une famille qui me tient à cœur. Je fais de la peinture, de la tapisserie, de la cuis ine aussi, comme toute Française qui se respecte. Mes grandes réussites sont la poule au pot, chère au roi Henri IV, les cailles aux raisins, le brochet au beurre blanc, le gigot au fromage, les quenelles de saumon… et le beefsteak aux frites ! Quant à mes vacances, je les passe en Corse, pays d’origine de mon mari, à faire du bateau, de la natation et à bouquiner éperdument au soleil les romans policiers que je n’ai pas eu le temps de lire en hiver… En fait, je suis une femme sans histoire qui a définitivement choisi celle des autres !

en préface de certaines éditions de Belle Catherine et Marianne - Jason des Quatre Mers.
 

Portrait de Juliette Benzoni par Linda Compagnoni

texte Linda,  Webmaster
Juliette Benzoni est née Andrée-Marguerite-Juliette Mangin  le 30 Octobre 1920 à Paris, France. Son père Charles-Hubert Mangin, était un industriel d'origine lorraine et sa mère Marie-Susanne Arnold était champenoise avec des origines alsacienne et suisse. Elle a passée son enfance à Saint-Germain-des-Près. Vers 15 ans, ses parents  déménagent à Saint-Mandé.

La plus jeune photo de notre Juliette adorée, prise à Reims chez sa grand-mère. Au dos de cette photo, l'écriture de Juliette ! Pas de date mais Juliette doit avoir 3 ans, guère plus...


Juliette Benzoni (à l'âge 11)

Elle a étudié au collège Hulst puis à l’Institut Catholique de Paris en philosophie, droit et littérature. Après ses études, elle épousa un médecin de Dijon Maurice Gallois, et fût bientôt mère de deux enfants


Anne Gallois et son frère François GALLOIS

Pendant cette période de sa vie, elle passa des heures et des heures dans les bibliothèques, étudiant l’histoire de la Bourgogne au Moyen-âge. Un jour, elle tomba sur la légende de l’Ordre de la Toison d’Or  qui lui inspira plus tard la série des  Catherine, il suffit d'un amour . Après la libération de la France, elle perdit son mari et décida d’aller au Maroc pour y visiter la famille de son défunt mari.

Elle intégra la rédaction d’une station de radio appelée Radio-International. Elle rencontra alors un officer, le comte André Benzoni di Conza qu’elle épousa.
 


Juliette et André BENZONI, Comte de Conza


Parcours professionnel...
Après son retour à Paris, en France, elle se lança dans le journalisme, écrivant pour plusieurs journaux un bon nombre d’articles sur l’Histoire.

Au début des années 60, après l’avoir vu dans une importante émission télévisée, un éditeur lui demande d’écrire un roman historique. Il voulait qu’il soit du même style que Angélique de Anne Golon. C’est alors que Juliette Benzoni commencé à écrire  Catherine, Il suffit d’un amour . Le premier livre fut immédiatement un énorme succès et dix éditeurs étrangers avaient déjà acheté les droits pour traduire le livre. Catherine a été traduit en plus de vingt langues.

L’écrivain, elle-même, ne comprenait pas comment la vie d’une jeune bourgeoise du XVème siècle pouvait fasciner des millions de lecteurs. Juliette Benzoni a touché le coeur de ses lecteurs, la façon dont elle introduit les faits historiques dans la vie de son héroïne des temps anciens. Le secret de son succès réside dans l’ingénieuse écriture de Juliette Benzoni et ses héroïnes fictives.

La série des Catherine... 
a été prévu pour une série en cinq volumes, d’où l’épilogue du cinquième livre, qui fut publié en 1968 et avait pour titre Catherine, et le temps d’aimer.


Dans un article date 1985 Juliette à dit:
J'ai un faible pour Catherine. Parce qu'elle est la première de mes héroïnes, et aussi parce que son histoire, je l'ai inventée, alors que "Marianne, une étoile pour Napoléon", c'est une commande qui me fut faite à l'occasion du bicentenaire de l'Empereur..."

Depuis son grand succès avec « Catherine », elle n’a cessé d’écrire. Sa série suivante fut intitulée Marianne, une étoile pour Napoléon  qui se déroulait pendant la période Napoléonienne. Ses lecteurs ont aimé cette nouvelle héroïne et sont restés de fidèles lecteurs.


Alors qu’elle écrivait l’un des livres  Marianne , on demanda à Juliette Benzoni si elle voulait bien écrire deux livres supplémentaires à la série Catherine du fait de son phénoménal succès. Elle accepta et en 1973, cinq ans après Catherine, et le temps d'aimer est paru Piège pour Catherine. Mais ses lecteurs ont attendu six ans, que l’ultime volume La Dame de Montsalvy soit publié en 1979! La raison est simple, la maison d'édition Trévise venait de mettre la clé sous la porte!

Filmographie...

En 1983 une chaîne de télévision française « Antenne 2 » a donné à ses téléspectateurs un grand nombre de belles heures avec la production TV Marianne, une étoile pour Napoléon , réalisée par Marion Sarraut. Cette fois-ci, Juliette Benzoni a été plus que satisfaite, elle a travaillé main dans la main avec Marion Sarraut et l’énorme succès le prouve aisément.

Et quand la question de refilmer Catherine, il suffit d'un amour encore une fois sous la direction de Marion Sarraut, Juliette s'est joyeusement empressée d'accepter que l'on rende finalement justice à son histoire et à ses personnages comme ils le méritent et qu'on pourrait oublier l'affreux film de 1968! Le succès fut immense même jusqu'à nos jours grâce à Claudine Ancelot qui joua avec succès Catherine, la jeune fille aux cheveux dorées et à Pierre-Marie Escourrou, cet arrogant héros mais bien-aimé de tous, Arnaud de Montsalvy.

Juliette Benzoni a écrit plus de 86ème livres, et son dernier livre  publié ètait «Le Vol du Sancy - Des Carats our Ava? » Le quinzième aventure d'Aldo Morosini.
 

Ce livre est paru le 28 Janvier 2016, deux semaines avant sa morte le 7 février 2016. Nous ne pouvons que nous incliner devant cette grande Dame.

Elle était un auteur incomparable et ses livres historiques était vraiment précis. Chaque minuscule détail et chaque personnage sont étudiés profondément. Ses héroïnes sont crédibles et attachantes et les personnages réels semblent prendre vie et ne sont plus seulement qu’un nom dans un livre d’Histoire maintenant. 

... mais je laisse les  paroles  à l'historien Alain Decaux:

Je sais comment vous travaillez, comment vous vous préparez. Je sais que vous avez passé cinq années à réunir la documentation de Catherine. Que vous avez dépouillé plus de trois cents ouvrages, constitué des centaines de fiches. Certes, dans le cadre de l’histoire, vous introduisez des personnages fictifs. Mais c’est là le privilège, parfaitement légitime, du romancier historique. Ce que l’historien le plus strict doit vous reconnaître, c’est la volonté de peindre les personnages réels, eux, tels qu’ils furent, et de les faire évoluer dans un cadre parfaitement authentique
...
Alain Decaux dans son préface
« Par le Fer ou le Poison » en 1973, Editions Trévise.

Rencontre avec Juliette Benzoni...
J'ai rencontré de nombreuses fois, notre bien-aimé auteur à Saint-Mandé. Elle a enrichi ma vie et a confirmé une chose « les rêves peuvent se réaliser » nous devons juste y croire ....
son décès me peine beaucoup. Je n'oublierai jamais ses livres Catherine, grâce auxquels je suis tombée amoureuse de littérature française depuis mon adolescence.,
 

* * *

le 7 février 2016
Aujourd'hui ma très chère amie n'est plus... J'aurais aimé pouvoir une dernière fois la remercier infiniment pour toutes ces mémorables heures de lecture qu'elle m'a donnée en lisant ces incroyables et précieux livres, me faisant voyager avec ses personnages dans tant d'endroits différents que je n'aurais pas connu sans ses livres. Je n'oublierai jamais les bons moments passées chez elle, ensemble avec sa fille Anne.

Juliette, vous allez me manquez mais nous nous reverrons un jour et vous me direz tous les secrets que vous aurez appris sur quelques personnages historiques. Qui fut le prisonnier masqué ? Qu'est-il arrivé au fils de la reine Marie-Antoinette, son petit Louis, le XVIIème ?

Et jusqu'alors, mon adorable et douce dame de Saint-Mandé, je continuerai à lire et relire encore et encore tous vos livres...

Chaque fois que nous étions invitées chez Juliette je repensais à notre première venue, c'était comme d'entrer dans une pièce d'un château où nous attendait une vénérable reine. Comme un rituel, sans jamais se parler, nous reprenions nos places attitrées sur le long canapé blanc. Quand il était de temps de partir et de se dire au revoir, elle avait l'habitude de nous dire en souriant : «  Quand allez-vous revenir les filles?» et nous de répondre « le plus tôt possible » en lui souriant à notre tour en venant l'embrasser tendrement... à bientôt très chère Juliette...

 Avec tout mon amour
Linda


 

 


1973  Alexandre Dumas Prix





1988 Prix Littéraire « Louis Barthou »
Médaille d'Argent de l'Académie Française



pour : Félicia au soleil couchant  « Loups de Lauzargues »

1998
  Chevalier de l'Ordre national du Mérite

photo avec Juliette Benzoni, Jean Piat...

Juliette reçut la médaille des mains de son ami le célèbre acteur Jean Piat.
 

1974  Fondatrice du Trophée Alexandre Dumas





Alors que nous nous demandions à qui donner notre prochain CDM trophée 2010, cela n'a pas été très difficulté de choisir! C'est notre manière de la remercier pour la générosité avec laquelle elle a partagé tant de souvenirs avec ses fidèles lecteurs.


Linda, webmaster





ma très chère Juliette
le 31 Octobre 2009




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